Impossible évidemment de vous parler de nos premières impressions au Pérou sans dire quelques mots sur les chiliens, qui habitent dans les zones dévastées par les séísmes, et le tsunami. Nous pensons à eux, avec émotion, tant leur accueil et la beauté de leur pays nous ont touchés. Naturellement, nous avons envoyé des mails aux différentes personnes rencontrées là-bas (Andrea, Macarena, Alejandro et Maria, ainsi que toute la famille de Alain à San Felipe), et il semblerait que ceux qui habitent à Santiago et plus au sud, dans la zone concernée, soient sains et sauf (rappelez-vous : nous avions été hébergés dans la ville de Constitution, par Alejandro et Maria, passage narré sur ce blog par Léna, et cette ville a été dévastée par le tsunami consécutif au tremblement de terre qui a eu lieu en mer). Nous n’en savons guère plus, les communications étant perturbées là bas mais évidemment, si de nouvelles informations nous parviennent, nous vous tiendrons au courant.
Le premier contact avec le Pérou est flatteur : nous avons l’impression de devenir des bêtes en castillan – un court instant seulement, pour la science fiction filez plus sûrement sur Amazon. En fait, nous n’avons pas progressé d’un pouce, mais les péruviens de la zone que nous abordons ont la très bonne habitude de nous parler plus distinctement que les chiliens !
Pour le reste, avant de tomber sous le charme du Pérou, nous devrons attendre un tout petit peu. Car, pour commencer, le passage aux frontières est un peu longuet : côté Chilien, la frontière est ouverte mais ils nous faut un billet d’inventaire des passagers (sic), vendus à la cafétéria du personnel des douanes (re-sic) et qui est … fermée le dimanche ! Finalement, un chauffeur de taxi, aux aguets, nous dépanne d’un exemplaire vierge du miteux formulaire pour 1000 pesos chiliens (1,4 euros). Notre V12 à huit roues motrices nous propulse ensuite dans le on mans land qui sépare les deux pays : interdit de s’arrêter et encore plus de marcher sur le bord de la route, « champs de mine », qu’ils disent !
Il existe d’ailleurs un vieux contentieux entre le Pérou et le Chili, lequel a piqué des territoires au premier lors de la guerre du pacifique au 19 ième siècle et n’en a rendu qu’une petite partie … et nous venons d’apprendre que la ville de Lima avait été sauvée de la destruction par un navire français qui croisait dans les parages avec un certain Monsieur Petit Thouars à sa tête, lequel Monsieur a réussi à intimider les chiliens – et ce français, illustre inconnu chez lui en France, a même une avenue à son nom, dans Lima. Pas mal, non ?

Nous obtempérons, et nous retrouvons quelques kilomètres plus loin au poste frontière péruvien, où nous passons pas moins de sept contrôles différents, hors formalités classiques pour nos passeports – qui, au passage, commencent à être bien chargés : les douaniers mettent désormais aussi longtemps à trouver les pages vides qu’à saisir nos coordonnées. Dans la foulée, nous passons deux premiers jours au régime route et désert (dans lequel nous tombons sur la pancarte que je joins ici, où on nous prévient gentiment de faire attention aux bombardements !), ponctué de quelques villes Andines (certes, mais …) poussiéreuses et sans grand intérêt.
Au bout de ce petit tunnel de formalités, enfin, le 8 février 2010, le vrai contact : Arequipa !
Nous trouvons à nous garer dans l’hypercentre, dans un petit parking pas très glamour mais surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre géré par une famille qui vit sans un coin dudit lieu, entassé dans une petite bâtisse de deux étages qui au total n’est pas plus grande que notre tampicar – les petites filles et leurs amis viendront faire une petite invasion de notre tampicar, pour jouer avec nos blondinettes.
Nous restons deux grosses journées sur place, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que le lieu nous plait : le coeur de la ville est colonial, mais les structures, quel que soit leur âge, sont très basses, et pour cause d’activité sismique régulière, et il fait bon flâner dans les rues qui rayonnent autour de la place.
Evidemment, le clou du spectacle, c’est le monastère de Santa Catalina, dont je vous passe ici l’histoire mais qui fût jusque à une époque très récente totalement fermé au reste du monde. Une petite ville dans la ville, en somme, dont les passages et les ruelles forment un vrai labyrinthe en même temps qu’un voyage dans le temps.
Nous finissons, pour mon anniversaire, dans un somptueux restaurant suisso-péruvien, et on peut dire que le mélange est réussi : nous nous régalons de viande, notamment d’autruche – dont il y a des élevages dans le désert autour de la ville – mais surtout d’Alpaga : ces charmantes petites bestioles sont aussi mignonnes sous le palais qu’en photo ou au toucher. Quelle polyvalence !
Petit clin d’oeil, dans les innombrables cadeau qui pleuvent des mains de mon affectueuse famille, figurent un teeshirt dédicacé par toute la famille, et surtout des caramels, dont l’un d’entre eux m’emporte un plombage … je suis quitte pour chercher un dentiste ! Décidément, ce voyage sera bien complet …

Nous retournons ensuite vers les Andes, côté nature, tournant le dos une fois de plus au Pacifique, vers le Lac Tititcaca : direction les Canyons de Colca, les plus profonds du monde – plus de 3000 mètres de profondeur là où les célèbres canyons de l’Arizona font moitié moins. Mais ici, point de paroi verticale, du coup l’effet de profondeur n’est pas si spectaculaire que ça … Même pas mal : on adore quand même ! Juste un gros regret, la route en travaux est défoncée à plusieurs endroits et nous empêche d’attendre le petit village de Cabanconde, où nous aurions pu nous lancer dans une randonnée pour atteindre le fond du canyon. Il n’y a que moi pour être un peu triste, les reste de ma famille de sportifs en carton-pâte pousse en coeur – et dans mon dos – un grand soupir de soulagement lorsque je fais demi-tour. Nous bivouaquerons sur un parking déserté dans l’après midi par les autobus, au bord du canyon : splendide ! D’autant plus que, le lendemain matin, juste avant notre départ, un condor viendra voler en frôlant le mirador … nous ne sommes pas près d’en voir un d’aussi près ! Sacré bestiole : plus de deux mètres d’envergure, qui vous passent à quelques dizaines de mètres en planant … Et, outre le gentillesse des habitants des villages traversés, nous gardons aussi en souvenir l’extraordinaire beauté de ces paysages littéralement sculptés par la main de l’homme – les cultures en terrasse datant pour la plupart de plusieurs siècles.
Et puis, dans la matinée du 12 février, nous quittons ce bel endroit : direction un lieu mythique s’il en est : le Lac Titicaca …
Article écrit le 2 mars 2010, à Lima, capitale du Pérou, dans le quartier chic et (trop) sécurisé de San Isidro, 28 degrés et ciel bleu – ce qui à en croire Xavier, notre contact local, est assez rare pour le mentionner !
Arequipa :
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Les Canyons de Colca :
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