Le 18 juin 2010, nous quittons la péninsule du Yucatan en ayant fait le plein de beaux sites mayas, de belles plages de sable blanc, de mer turquoise et de riches fonds sous marins mais aussi de chaleur étouffante (près de 40 degrés la journée et 35 la nuit) ! A la recherche d’un pneu pour le tampicar, notre route nous amène dans la région toute plate et humide du Tabasco, à Villahermosa, qui à défaut d’être une jolie ville, présente néanmoins un étonnant musée à ciel ouvert, le Parque Museo la Venta, où au milieu d’une végétation exubérante sont disposées, entre autres, d’énormes têtes olmèques magnifiques vieilles de plus de 2000 ans. Nous traversons ensuite la sierra Madre Del Sur par une route pleine de virages et de tope (les dos d’ânes locaux, une vraie manie mexicaine) où notre vitesse ne dépasse pas les 40 kms/ heure de moyenne. Par contre, la bonne nouvelle pour notre équipage est que nous avons enfin retrouvé une température plus clémente !
La région de Oaxaca nous réserve de belles découvertes avec ses villages indiens comme Teotitlan del Valle et ses dizaines de tisserands parlant entre eux le zapothèque, El Tule et son arbre géant de 14 mètres de diamètre, et le joli site isolé de Hierve del Agua (« l’eau qui bout »).

En fait, l’eau, à défaut d’être chaude, sort quand même en bouillonnant du sol et façonne de jolies cascades de dépôt de minéraux sur la falaise. Nous nous posons là deux jours, contents de retrouver un bivouac en nature qui nous manquait à tous depuis un certain temps … Puis nous gagnons la ville coloniale de Oaxaca, visitons la grande place centrale, le « zocalos », occupé par des manifestants (renseignement pris, ce sont des profs mécontents ! ) qui campent un peu partout sous de grandes bâches défigurant hélas les bâtiments. Nous arrivons quand même à nous faufiler jusqu’au marché où Christian, intrépide comme à l’accoutumé, goûte (seul !) aux fameuses sauterelles grillées parfumées de divers condiments : un vrai bonheur pour notre sac à dos qui sentira la sauterelle à l’ail pendant une semaine…

Côté culinaire Oaxaca est à la hauteur de sa réputation, car mise à part les sauterelles, nous découvrons aussi le fameux « mole » une sauce aux épices (il en existe beaucoup de variétés, celle d’Oaxaca comporte plus de 70 ingrédients dont du cacao) qui accompagne les viandes, et le poulet barbacoa, sans parler des divers tacos, tostadas et autres quesadillas… Nous visitons aussi le très beau musée de la culture situé dans les splendides bâtiments monastiques à côté de l’église Santo Domingo : un cloître à la pierre verte, de belles pièces très bien rénovées dont les trésors découverts dans une tombe du site archéologique zapothèque de Monte Alban. Passionnant !
Le 25 juin, nous mettons le cap pour la mégalopole de Mexico (plus de 20 millions d’habitants quand même), un peu inquiets il faut bien l’avouer car nous n’avons pas de GPS, pas de carte détaillée de la zone et surtout la police n’y a pas très bonne réputation. Et cela ne rate pas, à peine nous trouvons nous dans la banlieue que nous sommes repérés par une patrouille, qui nous intercepte sur le périphérique. Une discussion s’entame, les véhicules comme le nôtre en importation temporaire n’ayant apparemment pas le droit de rouler le vendredi et évidemment…nous sommes vendredi. Un jour par semaine, en effet, certaines voitures sont interdites de circulation dans l’agglomération et ce, pour tenter de diminuer la forte pollution de la ville, le jour en question étant déterminé par le dernier numéro de la plaque d’immatriculation (pour nous un 3 donc en principe le mercredi, enfin le croyions nous mais nous n’avions pas imaginé que nous étions un cas spécial !) Bref après une assez longue discussion où nous plaidons notre bonne foi, nous échappons à la forte amende de plusieurs centaines d’euros mais pas au pourboire au flic (50 pesos, 4 euros), qui en échange nous donne un autocollant » sanctionado » que nous collons sur l’avant du véhicule, et qui nous permet de ne plus être sanctionné à nouveau par la police dans la même journée. Nous sommes un peu dépités d’avoir ainsi contribué à entretenir un système de corruption semble t-il généralisé, mais nous n’avons trouvé l’alternative !
Nous trouvons le sympathique « trailer Park » de Teotihuacan, notre premier camping de camping-car depuis le début du voyage où toute une flopée de camping-car mexicains immenses ont élu domicile pour le week-end. Les enfants se font rapidement des copains (ou plutôt des copines), ce qui permet à Hugo de faire de rapides progrès en espagnol et de découvrir les joies du quad qu’une des familles a amené ! La visite matinale du site archéologique de Teotihuacan nous charme dès le premier abord avec ses immenses pyramides de la lune et du soleil (la troisième plus haute au monde après entre autres celle de Khéops en Egypte) que nous escaladons. Nous y apprécions également ses multiples temples et palais couverts de fresques colorées et de bas reliefs ainsi que son musée de la Pintura, incroyablement bien mis en valeur (nous y sommes bizarrement les seuls visiteurs et un garde nous suit à la trace : aurions nous une petite Chloé terreur avec nous ?)

Toujours, du camping, où télévisions et tenues vestimentaires ad-hoc ont été sorties pour l’occasion nous assistons aussi au match Mexique-Argentine et croyez moi, ça rigolait moins que pour France- Mexique !
Nous visitons aussi la grande capitale le temps d’une journée, une seule, mais bien remplie avec les restes du site de l’ancienne capitale de l’empire aztèque Tenochtitlan, rasée par les conquistadors, et surtout un vrai coup de coeur pour les remarquables fresques du mexicain Diego Rivera au Palais National.

C’est tout contents de notre détour par Mexico que nous partons pour la jolie région verdoyante et vallonnée du Michoacan où nous attendent quelques jolies villes coloniales comme la sympathique Pazcuaro où nous découvrons un marché de rue qui nous rappelle les marchés boliviens, de petits villages indiens riches en artisanat mais aussi et surtout le volcan Paricutin, un volcan sorti de terre il y a seulement une cinquantaine d’années et maintenant haut de 2800 mètres. Du petit village indien de Angahuan, nous visitons les restes d’un village englouti par une ancienne coulée de lave et dont ne subsiste plus que le clocher de l’église. Le lendemain, 4 juillet, nous nous lançons pour une longue promenade de 18 kms, soit six heures à cheval (lesquels sont vraiment dociles, heureusement pour nous autres, grands novices en la matière) à la découverte du cratère et de ses coulées. L’ambiance est très particulière car nous évoluons un long moment dans la cendre volcanique noire et nous avons mal au coeur pour les pauvres chevaux qui peinent. L’ascension finale, raide et pas évidente dans les scories volcaniques, se fait à pied, ce qui repose notre dos et nos postérieurs peu habitués aux selles et pour les chevaux, c’est le bon moment pour souffler ! Léna passera sa journée le sourire aux lèvres sur le dos de son cheval tout en essayant de faire la course avec son frère et Chloé réussira à faire sa sieste sur le cheval, heureusement maintenue par mes bras ! Malgré le retour en partie sous la pluie, nous sommes tous ravis de notre grande balade.

Dans les jours qui suivent, nous faisons un détour vers plusieurs plages du Michoacan où les enfants rêvent de se baigner mais malheureusement nous tombons au moment de grandes marées et les vagues sont trop fortes pour pouvoir nager. Elles font par contre le bonheur des surfers que nous observons tranquillement depuis le bord en sirotant de bonnes bières mexicaines…Les petits villages dans lesquels nous bivouaquons sont tous sympathiques mais complètement perdus à plusieurs heures de la grande ville et nous sommes quasiment les seuls touristes. Etonnant cette diversité de cultures qui peuplent le Mexique, allant de modes de vie d’une sommairité troublante comme dans ces villages au modernisme effréné du Yucatan…
Nous nous dirigeons ensuite vers la grande cité de Guadalajara (toujours imprononçable pour moi) que nous dépassons sans nous arrêter au profit de Tequila à quelques dizaines de kilomètres de là. La visite d’une fabrique de tequila à partir du coeur d’agave bleu chauffée puis distillée deux fois s’avère intéressante ainsi que la jolie boutique qui la clôt d’où inévitablement, nous repartons bien chargés …

Notre dernière semaine au Mexique est consacrée à la remontée vers la frontière des USA sur plusieurs centaines de longs kilomètres. Mise à part un bref arrêt dans la ville de Mazatlan où nous achetons quelques souvenirs, la route est assez monotone et chère en péages mais nous préférons les « autoroutes » aux routes normales truffées des horribles topes dont nous avons fait une overdose !

Après le désert de Sonora où la chaleur est une fois de plus accablante, 50 degrés, nous atteignons le 11 juillet 2010 la frontière de Mexicali en Basse Californie. Trois heures d’attente plus tard, en partie en plein soleil, les douaniers US nous laissent enfin passer et contrairement à ce que l’on craignait, la visite du camping-car est plutôt succincte et aucun aliment, quelques fruits à part, ne nous est retiré. Nous qui craignions un démontage complet du véhicule, c’est la grande surprise du jour ! Nous sommes tous excités d’être là, nous le vivons un peu comme « le grand retour à la civilisation et à la consommation » mais un peu tristes aussi car la fin du voyage approche à grand pas et nous allons donc vivre ici nos dernières aventures…
Article écrit le 15 juillet 2010 à Las Vegas, Nevada. Température extérieure : 50 degrés (Celsius), intérieure : 22 degrés. Et oui, nous avons craqué, pour la première fois du voyage, nous sommes à l’hôtel pour deux jours, vraiment trop intenable dans le tampicar. Nous avons la vue sur la tour Eiffel et sur les fontaines du célèbre casino Bellagio. Bref, on SUCCULE !
Vilahermosa et son original musée à ciel ouvert sur la civilisation olmèque :
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Une des vallées qui entoure Oaxaca, pleines de petits villages d’indiens, avec l’arbre le plus gros du monde (en diamètre du tronc, eh oui, c’est ici !), un village de tisserands et tout au bout Hierve de Agua (le petit jerican blanc, c’est un alcool local – un mezcal – tellement doux et délicieux qu’il nous sert d’allume barbecue !) :
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La ville d’Oaxaca, ses profs en grève (merci aux Mexicains de me préparer en douceur au retour en France 🙂 ), sa belle architecture, ses musées, ses moles (sauce au chocolat qui nappe les viandes), ses sauterelles sautées au chili, à l’ail, au naturel … Miam.
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Teotihuacan, notre premier RV park (on tombe un week-end du rassemblement du club des camping-caristes de Mexico !) et son site pré-hispanique, dont l’imposante pyramide :
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Mexico :
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Le début du Michoacan, avec la ville de Patzcuaro :
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et toujours le Michoacan, dont notre balade sur le volcan Paricutin :
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Voilà ! Il fallait bien ça pour être en phase avec notre emploi du temps actuel …
Pour terminer, quelques clichés anodins pris vers la fin de notre route au Mexique, en approchant de la frontière Mexicali côté Mexique – Calexico côté USA. Les deux postes frontières sont tellement intégrées que nous nous ne nous apercevrons même pas du moment où nous quitterons le Mexique – et par la même l’Amérique Latine ! Vous apercevrez notamment la fameuse barrière de séparation des deux pays, que nous avons longée sur plusieurs centaines de kilomètres, et aussi le Rio Colorado … asséché en amont par un barrage côté USA.
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